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Les chiffres de la Drees apportent une réponse cinglante à l’UFC-Que Choisir

Voilà un rapport qui vient à point… Le rapport annuel rendu par la DREES fait en effet état de l’augmentation du retour sur cotisations entre 2018 et 2019, avec une croissance des prestations supérieure à celle des cotisations : 2,4 %, contre 1,9 %.

Philippe Mixe, président de la Fnim considère que «  le débat relancé depuis peu sur les frais de gestion est contredit par ce rapport qui indique non seulement l’amélioration des taux de redistribution, mais aussi les efforts faits par les mutuelles pour optimiser cette gestion. Il serait d’ailleurs certainement intéressant de regarder les véritables taux de redistribution, qui intègrerait les taxes que supportent les contrats, et qui frisent les 17 %  ».

Avec un taux moyen de redistribution de 79 %, les mutuelles se placent devant les sociétés d’assurances (75%) et derrière les institutions de prévoyance (89%), ce qui s’explique par le poids du collectif au sein de leur activité et la spécialisation de certaines d’entre elles sur des professions ou des branches professionnelles.

Le même rapport nous prouve que, pour la deuxième année consécutive, les mutuelles voient leurs frais de gestion baisser.

Les différences de contrats

Le rapport confirme que les contrats collectifs proposent un meilleur retour sur cotisations (87 %) que les contrats individuels (72 %) en raison des différences de remboursements des prestations. En effet, les contrats collectifs consacrent une part plus importante de leurs remboursements à la prise en charge des soins dentaires et optiques. 18 % de leurs cotisations, par exemple, sont reversées en optique contre 8 % pour les contrats individuels, avec respectivement 16 % et 9 % pour les soins dentaires.

Le collectif poursuit sa croissance

La Drees confirme la croissance du collectif, dynamisée par la loi de généralisation, mais dont l’évolution se ralentit ces dernières années.

Evolution des contrats collectifs et individuels

Une part du complémentaire en repli… provisoire ?

En 2019, la part des organismes complémentaires dans le financement du poste dentaire est en repli de 1,6 point par rapport à l’année précédente. La cause se trouverait dans la convention dentaire qui revalorise les soins conservateurs et plafonne le prix de prothèses, domaine d’intervention majeur pour les complémentaires. La Drees prévoit un mouvement inverse cette année avec l’entrée dans le 100 % Santé de l’audioprothèse et de l’optique.

Les mutuelles représentent la moitié des cotisations

La période récente enregistre une forte hausse des cotisations collectées par les sociétés d’assurance (5,8%). Cependant, les mutuelles restent majoritaires et détiennent 50 % du marché, contre 33 % pour les sociétés d’assurances et 17 % pour les institutions de prévoyance d’après le Fonds CSS.

Evolution des parts de marche


Des résultats globalement excédentaires (de peu)

Le résultat technique en santé est au global excédentaire en 2019, comme les deux années précédentes. Il s’élève à 462,4 millions d’euros, soit 1,2 % des cotisations collectées hors taxe. À cet égard, les trois dernières années se démarquent par rapport aux années antérieures, où les montants étaient plus faibles : 103,9 millions d’euros en 2016 et 121,5 millions d’euros en 2015.

Mais ces chiffres globaux cachent des disparités importantes. Depuis 2011, les contrats collectifs sont techniquement en moyenne déficitaires, et les organismes qui utilisaient leurs résultats financiers pour compenser ce déficit sont confrontés à la problématique des taux bas.

Evolution des résultats techniques

Vous pouvez télécharger l’étude complète

En complément

La situation financière des organismes complémentaires assurant une couverture santé - Rapport 2020

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