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Philippe MIXE

Une fédération indépendante pour les mutuelles qui veulent le rester

Que pouvait penser Aimée Weber Defrance lorsque, il y a plus de dix ans, elle poussait la porte de la fédération pour prendre ses fonctions de responsable administrative ? Pouvait-elle imaginer le chemin qui serait parcouru et le rôle qu’elle jouerait dans la défense d’une certaine vision de la mutualité, libre et indépendante ? C’est peu probable tant le besoin de remise en ordre était important. La Fédération, souvenons-nous, ne tenait alors que par la volonté farouche de quelques-uns.

Aux côtés de Jacques Valès, Aimée mit son sens de la rigueur et son dynamisme au service de cette reconstruction. À mes côtés, elle a permis à la Fédération d’écrire un nouveau chapitre de son histoire. Elle montra à chaque instant que la mutualité est d’abord une affaire de femmes et d’hommes qui s’engagent.

Comment la qualifier ? Chacun connaît mon goût pour la course à pied et pour la plongée. Cette expérience me permet de dire qu’Aimée est une sacrée sportive. Naviguant par tous les temps dans les tempêtes des réformes, luttant avec pugnacité contre toutes les difficultés, renvoyant inlassablement l’interlocuteur indélicat en fond de cours. Sa résistance est sans faille lorsqu’il faut participer au marathon mutualiste et obtenir, mois après mois, des résultats qui se traduisent encore aujourd’hui par de nouvelles arrivées
Oui, Aimée est une sportive. De la classe de Pierre de Coubertin qui ne se départait pas de son excellente éducation, gardait une réserve certaine face aux exploits, et attirait naturellement la sympathie de tous. Elle a donc le goût de la compétition et aucun challenge ne la fait reculer. On peut en juger.

À en croire certaines gazettes, l’ANI devait faire disparaître toutes les mutuelles indépendantes, comme d’ailleurs on l’avait également dit de Solvabilité II. Elle fut de tous les combats, de toutes les commissions.

Elle rendit possible l’extériorisation de la Fnim qui, de fédération méconnue est devenue un acteur important du paysage de la complémentaire santé. Les réussites de la Fnim sont les siennes, car c’est elle et l’équipe qu’elle a su constituer qui ont dû mettre en œuvre les décisions prises par le Conseil d’administration. Car s’il est important de prendre position, de faire des projets, d’avoir des objectifs, tout cela serait vain et stérile sans personne pour les réaliser.

Nos adversaires et nos correspondants ne furent pas les seuls à connaître de son acharnement. Elle a su nous remuer tous pour animer la vie de la fédération.

Avec son franc-parler, elle a su faire comprendre que les tarifs proposés pour l’accès à la DSN étaient hors de portée de nos mutuelles. On se souviendra assez longtemps du véritable marchandage qui aboutit à des redevances adaptées. « Elle ne lâche vraiment rien » me suis-je dit alors. Et à bien y regarder on peut dire qu’avec beaucoup de gentillesse, Aimée n’a jamais rien lâché.

Et les résultats sont là. À chaque épisode de l’évolution de notre système de santé, les journalistes se tournent vers la Fnim pour recueillir notre point de vue. Il y a encore peu, ils ne connaissaient même pas la signification de nos quatre lettres. Aujourd’hui, tout notre environnement sait ce que veut dire le I de l’indépendance.

L’indépendance, Aimée va en avoir un peu plus encore puisqu’elle passe le relais à la direction fédérale. Heureusement, elle continuera à nous accompagner sur des dossiers toujours stratégiques.

8 mars 2018