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Refonder la mutualité, pour les mutuelles et leurs adhérents

Avec la crise économique, la France traverse une période difficile. Parallèlement, notre modèle sanitaire et social a atteint ses limites. Les dépenses de santé et de protection sociale augmentent de manière continue, la dette de la Sécurité sociale s’alourdit d’année en année et pèse dramatiquement sur les finances publiques. Dans le même temps, on constate une désorganisation et une dégradation croissante du système de santé, sans véritable perspective de régulation.

Malgré les dispositifs de solidarité publique en place (CMU-C, ACS) et essentiellement financés par les complémentaires santé, de plus en plus de Français sont exclus de la protection sociale.

Dans le domaine de la santé, le reste-à-charge des ménages augmente au fil du désengagement de la Sécurité sociale, des hausses de tarifs des professionnels de santé et notamment de l’envolée des dépassements d’honoraires.

Le montant des cotisations santé s’accroît avec le chargement de taxes.

Sans surprise, on assiste à un éclatement des solidarités intergénérationnelles ou entre les actifs et les inactifs.

La mutualisation des ressources, chère à notre mouvement, n’est plus une priorité pour certaines catégories d’assurés et elle est remise en question par leurs comportements consuméristes, en particulier les jeunes générations qui doivent déployer une énergie considérable pour ‘’décrocher’’ un emploi et atteindre un niveau de vie suffisant afin d’être à l’abri matériellement.

De plus, la prévention et l’éducation sanitaire disposent de moyens réduits et perdent de leur rayonnement.

Le rôle pervers de la FNMF

Dans ce contexte, la Mutualité se trouve à un moment crucial de son histoire. Pourtant, elle a été incapable de s’opposer efficacement aux réformes successives de la protection sociale. Des réformes et des évolutions dont sa composante numériquement la plus importante à ce jour a été et est parfois ‘’complice’’, contre l’intérêt de ses structures de terrain, et vis-à-vis desquelles elle a été incapable également de proposer des alternatives crédibles, susceptibles de déboucher sur des réalisations concrètes.

Confrontée à de nouvelles contraintes (Solvabilité II, chargement de taxes sur les contrats santé, entrée en fiscalité…), elle s’enfonce d’année en année dans des préoccupations managériales qui la détournent de ses adhérents. Avec cette distanciation croissante entre les mutuelles et les mutualistes, elle perd son âme…

De plus, le mouvement de concentration vécu au sein de la mutualité ces dernières années aboutit à une perte des repères pour les mutualistes et à une perte de confiance et d’engagement parmi les dirigeants et les bénévoles.

Désormais, seuls ont voix au chapitre les grands ensembles entrepreneuriaux dont la vocation est devenue exclusivement assurantielle, et les structures de taille plus modeste devraient se cantonner à suivre les desiderata de ces ‘’grands’’, au mépris de leurs spécificités et de leurs adhérents, ce qui n’est pas acceptable. En outre, les pouvoirs publics tirent avantage de ces regroupements car le dialogue leur est ainsi facilité puisqu’il y a moins de protagonistes.

La Fnim, fédération indépendante des mutuelles qui veulent le rester

Dans un tel contexte, la Fnim s’érige en défenseur du mouvement et entend parler à tous les mutualistes et au nom du mouvement mutualiste français dans son entier, pour assurer la pérennité et l’originalité de notre modèle de protection sociale.

Analyses claires, positions fortes, propositions concrètes, la Fnim entend véhiculer ses idées auprès des pouvoirs publics, du monde politique et des interlocuteurs de la Mutualité (fondations, syndicats, associations…).

Et aujourd’hui, parce que des décisions essentielles sont prises à l’échelon européen, la Fnim portera aussi l’élan de ses adhérents à Bruxelles.

La Fnim a donc pour ambition d’accélérer son développement en accueillant un plus grand nombre de mutuelles à taille humaine désireuses de garder leur indépendance.

La Fnim a pour ambition de faire émerger une nouvelle conception de la Mutualité, fidèle à ses valeurs d’origine, et qui intégrera les changements imposés par les facteurs économiques de notre époque.

Disposant d’une véritable représentativité en tant que fédération mutualiste, la Fnim est le porte-parole des mutuelles à taille humaine, les mutuelles de proximité et entend résister à la concentration que connaît actuellement le secteur et à l’émergence de grands ensembles quasi-assurantiels.

Elle défend l’esprit mutualiste, l’indépendance de ses mutuelles et garantit leur spécificité, leur efficacité et la pérennité indispensable de cette forme d’exercice de la solidarité.