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Emmanuel Macron va faire exploser les tarifs des complémentaires santé

Vraisemblablement téléguidé par le sommet de l’Etat, le gouvernement s’apprête à déposer un amendement à la loi Pacte permettant à chacun de résilier à tout moment son contrat de complémentaire santé, une fois la première année passée.

S’inspirant des dispositions de la loi Hamon et de ses effets sur les pratiques de certains services comme les abonnements de téléphonie mobile, le gouvernement considère qu’une telle mesure appliquée à la santé conduirait à une plus grande concurrence et par voie de conséquence à une diminution des coûts.

La chanson est connue, mais elle n’a jamais, en ce domaine, fait ses preuves. Et il y a des raisons évidentes à cela.

Sur le fond, assimiler un contrat d’assurance santé à un service de nature marchande est une hérésie qui montre bien le peu de connaissance par les pouvoirs publics des modalités pratiques de nos activités.

En effet, une complémentaire santé nécessite des services associés, au premier rang desquels le tiers payant et, surtout, des provisionnements destinés à couvrir le risque. Permettre la résiliation en dehors de la date anniversaire du contrat aurait automatiquement comme conséquence la hausse des provisionnements requis par la norme Solvabilité II.

De plus, augmenter la fréquence des résiliations, et donc des adhésions ferait mécaniquement progresser les coûts de gestion, déjà fortement critiqués, des organismes. Sans compter les efforts supplémentaires en publicité et en marketing que devraient faire les complémentaires pour conserver leurs adhérents ou assurés et s’en attirer de nouveaux.

En outre, on augmenterait également le risque d’aubaine qui consiste à prendre une assurance seulement lorsque la nécessité de soins approche. Et à s’en défaire lorsque le soin est remboursé. C’est une pratique que l’on rencontre hélas déjà, mais qui ne ferait que se généraliser et au final coûter cher…

Sur la forme, cette information vient établir clairement l’hypocrisie de l’exécutif. En décembre dernier, le gouvernement envoyait une injonction aux complémentaires santé de ne pas augmenter inconsidérément leurs tarifs, de maîtriser leurs coûts de gestion et de participer à l’effort de consolidation du pouvoir d’achat. Alors même que les acteurs concernés, qui font déjà cela au quotidien, ont bien sûr confirmé agir dans le sens souhaité, le gouvernement viendrait, sans aucune concertation et en toute discrétion, bousculer les équilibres fragiles des complémentaires santé.

Au final, ce ne sont pas les complémentaires santé qui supporteraient les effets d’une telle mesure dogmatique, ce serait leurs adhérents ou leurs clients. S’il poursuivait dans la démarche, le gouvernement porterait alors une très lourde responsabilité avec cette mesure qui impacterait automatiquement et de façon durable le pouvoir d’achat de plus de 90% de la population, actuellement couverte par une complémentaire santé.

« Ce dont les Français ont besoin pour leur complémentaire santé, c’est de la qualité et de la sécurité. Permettre une résiliation à tout moment, au motif de libérer, est une mesure parfaitement démagogique qui enfermera les Français, et notamment les plus fragiles d’entre eux, dans une spirale inflationniste à l’opposé des objectifs officiellement affichés » précise Philippe Mixe, président de la Fnim.