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Peut-on retarder le vieillissement cérébral ?

Le cerveau gère notre appareil psychique, conscient et inconscient, ainsi que nos fonctions vitales. C’est pourquoi son vieillissement nous préoccupe. Mais d’après les chercheurs, ce n’est pourtant pas une fatalité si l’on met en place quelques règles de prévention pour éviter les risques majeurs.
Le fonctionnement du cerveau est en partie déterminé par des facteurs génétiques et environnementaux. Mais certains facteurs de risques de vieillissement cérébral pathologique peuvent être contrés efficacement.

Aider le cerveau à bien vieillir
Comme tous les organes, le cerveau subit les effets de l’âge. Mais c’est un cas à part. Car la plupart des neurones sont des cellules qui ont perdu leur capacité à se diviser et ne peuvent pas être remplacées. Le cerveau développe donc des changements régressifs qui entraînent une détérioration cognitive liée à l’âge. Mais toutes les régions cérébrales ne sont pas vulnérables de la même manière au processus de vieillissement. Les plus fragiles sont les fonctions de mémoire, d’attention et de cognition.
De nombreuses recherches tendent à démontrer que le vieillissement du cerveau peut être prévenu, voire retardé. Elles suggèrent de maintenir, le plus tôt possible, une qualité de vie qui associe stimulation intellectuelle, activité physique, alimentation saine et bien-être social. L’essentiel étant d’écarter les facteurs de risque les plus fréquents liés à notre mode de vie.

Éviter les risques cardiovasculaires
Un cerveau en bonne santé a besoin d’un corps sain. Il est prouvé que les risques cardiovasculaires augmentent irrémédiablement le risque de déclin cognitif.
Les lésions cérébrales causées par des troubles de circulation sont responsables ou contribuent à près de deux tiers des cas de démence. L’hypertension artérielle, le diabète, un taux de cholestérol élevé, un surpoids important ont un réel impact sur les troubles cognitifs.
Il est donc important de se soumettre à un bilan médical et à des contrôles régulierspour s’assurer que tous les marqueurs sont équilibrés. Car il suffit parfois d’un léger traitement ou d’un ajustement des habitudes pour éviter que les risques deviennent majeurs.
Des chercheurs britanniques ont étudié sur près de 500 personnes les effets de l’obésité sur les structures cérébrales(1). À partir de 50 ans, période où le cerveau semble plus vulnérable, les individus en surpoids ont un volume de substance blanche(2) plus faible que ceux de poids normal. Ils présentent alors un vieillissement cérébral de 10 ans plus élevé. En revanche, on ne sait pas encore si les effets sont réversibles en perdant du poids.

Stopper les facteurs nocifs
La consommation excessive d’alcool et de tabac joue, on le sait, un rôle extrêmement négatif sur le fonctionnement du cerveau.
Des études avaient déjà montré que le tabagisme pouvait favoriser l’apparition de démences séniles telles que la maladie d’Alzheimer, en réduisant l’oxygénation des neurones. De récentes recherches vont plus loin, démontrant que le tabac est le seul élément qui a un impact négatif sur l’ensemble des tâches cognitives. Dans les mêmes études, les effets de l’hypertension, par exemple, n’apparaissent que plus tardivement, et semblent affecter uniquement la mémoire, et pas les autres fonctions du cerveau.
En revanche, les bénéfices sont immédiats sur le cortex(3) cérébral dès que l’on arrête de fumer. Le processus de guérison des tissus serait ainsi visible quelques semaines après l’arrêt du tabac.

Contrer l’inactivité physique et cognitive
D’autres facteurs de risques plus spécifiques à la démence ont été identifiés. Ils sont potentiellement modifiables. Il s’agit de la dépression, du stress, de l’isolement social et de l’absence d’activité cognitive.
Une multitude d’actions peuvent protéger notre cerveau du vieillissement : lire, jouer d’un instrument, apprendre une langue, nouer des interactions sociales positives, réduire son stress, se faire aider en cas d’état dépressif, etc. On peut ainsi réduire jusqu’à 50% l’éventualité de développer une forme de démence.
La sédentarité, enfin, est à combattre impérativement pour conserver une bonne santé vasculaire et cérébrale. Selon les chercheurs, une activité sportive soutenue protège de la détérioration associée à la vieillesse et du développement de démence. Elle augmente la production de neurones et la plasticité neuronale. Elle favorise le flux sanguin et réduit les risques cardiovasculaires. Enfin, elle permet au cerveau de recevoir plus de nutriments, favorisant son développement.
Associée à une bonne santé cardiovasculaire, l’activité physique pratiquée régulièrement pourrait ainsi ralentir le vieillissement du cerveau de près de 10 ans.
(1) Travaux présentés en 2016 par des chercheurs de l’université de Cambridge dans la revue « Neurobiology of aging ».
(2) Tissu appartenant au système nerveux central dont le rôle est d’assurer la conduction de l’influx nerveux.
(3) C’est le siège des fonctions nerveuses les plus élaborées (langage, mémoire, conscience).
Source : Wikidépendance, un outil de la mutuelle Tutélaire.