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La coassurance n’est pas soluble dans la mutualité

 

Le récent dénouement de l’appel d’offres ACS a suscité de nombreux commentaires, et c’est avec grande surprise que nous avons découvert à la lecture du « palmarès » la place de la mutualité et celle de la coassurance.

S’il est exact que le mouvement mutualiste prend toute son importance dans le nouveau dispositif ACS, notamment par une moitié des mutuelles retenues - composant l’UGM-ACS -, il nous faut rappeler que ces mutuelles n’ont pas fait le choix de la coassurance. Et cela ne tient en rien du hasard.

Etymologiquement, sociologiquement, historiquement, philosophiquement, la coassurance est fondamentalement incompatible avec les bases de la mutualité. Il s’agit là, à bien y regarder, d’une négation pure et simple de l’esprit et de l’histoire mutualiste.

En cédant au fantasme de la coassurance, on oublie que l’adhérent vient en mutualité avec la possibilité d’agir sur les contrats qui lui sont proposés, à travers la trop dévoyée démocratie mutualiste. Une mutuelle ne peut rester une mutuelle d’adhérents avec le mécanisme de coassurance, sauf à imaginer - ce qui n’est pas légalement possible - que l’adhérent participe aux instances de chacun des coassureurs.

Alors qu’est célébré le 70ème anniversaire de la Sécurité sociale, il est frappant de voir qu’une certaine Mutualité construit l’histoire à rebours. Car ce qui se passe avec la coassurance, c’est bien la transformation de l’adhérent acteur de sa protection en assujetti à des règles qui lui échappent totalement. Souvenons-nous ici que la Sécurité sociale a mis près de 50 ans pour abandonner la culture de l’assujetti, pour rendre au citoyen sa place...

Et le dossier devient carrément insoluble si on veut faire cohabiter les gouvernances d’opérateurs de familles différentes...

Retrouvons les origines de la coassurance. Voilà un mécanisme qui avait comme unique objectif de simplifier la tâche des courtiers face à des risques lourds. Il s’agit donc là d’une pratique de gestion exclusivement financière très éloignée des missions et objectifs poursuivis par nos mutuelles.

Dans ces conditions, il est extrêmement curieux de voir des acteurs mutualistes se gargariser des spécificités et des valeurs de la Mutualité, et organiser dans le même temps sa destruction.

La Mutualité s’est construite sur la liberté et le libre-arbitre de ceux qui l’animèrent et qui l’animent. La coassurance, là encore, vient fouler aux pieds cette liberté et ce libre-arbitre. Avec elle, plus question de se tourner vers sa mutuelle de proximité car dans tous les mécanismes de coassurance, c’est le plus gros qui se place sur le devant de la scène.
Car il est vrai que si la coassurance joue un rôle en Mutualité, c’est bien celui d’assurer à la mutuelle apéritrice une position lui permettant de proposer aux autres de ne plus faire qu’un. Il s’agit donc là, une nouvelle fois, d’un outil favorisant et animant les regroupements.

Alors le risque est réel : c’est bien le mutualisme qui est soluble dans la coassurance !

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